Synopsis
Deux bicyclettes s’avancent sur un petit chemin de terre entouré de champs de blés aux épis presque mûrs. Tout autour, une nature mouvante, balayée par les vents, célèbre l’arrivée du jeune Chuang, un garçon chinois de 10 ans.
Accompagné de son père et de sa mère, il assiste aux retrouvailles émouvantes d’une famille qu’il rencontre peut-être pour la première fois.
Ses parents sont venus jusqu’ici pour le confier pendant un an à ses grands-parents, tantes, oncles, cousins, cousines…
Quant à eux, à peine arrivés, ils doivent déjà repartir à la ville pour trouver du travail.
Alors, dans ce village reculé de la campagne chinoise, Chuang, livré à lui-même, va découvrir un mode de vie rythmé par le cycle des saisons, le travail aux champs, la moisson
. Et puis il y a cette arrière grand-mère qui semble aussi vieille que la Chine et qui lui offre des bonbons en cachette : il n’oubliera jamais les rides malicieuses qui courent sur ses joues, sur son front…
Ainsi, des chaleurs de l’été aux rudesses de l’hiver, c’est tout un nouveau monde qui va éclore devant ses yeux candides, un monde ancien agité et fragilisé en cette année 1991 par des forces contraires, entre poids des traditions et nouvel horizon. Une expérience forte, psychique et sensorielle, qui va bouleverser la vie de Chuang.

Le Temps des moissons, magnifique fresque rurale dans la Chine des années 1990 qui brasse traditions, passage à la modernité ou encore politique de l’enfant unique, fascine de bout en bout par son récit, l’incarnation de ses personnages, sa photographie, son lyrisme faussement naturaliste et sa précieuse richesse anthropologique. À noter que le film se retrouve, depuis sa récompense (Ours d’Argent de la Mise en scène) au festival de Berlin, sous le coup de la censure chinoise et ne sera visible pour le moment que dans les salles françaises.